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 ”Je suis décontamineur dans le nucléaire” de Claude Dubout aux Editions Paulo-Ramand

 

L’auteur de ce livre prenant a 46 ans et travaille dans le secteur nucléaire depuis bientôt trente ans. Il a beaucoup vu et beaucoup subi. C’est donc le fruit de cette longue expérience qui lui permet aujourd’hui de nous proposer ce livre. Au fil des pages, on sent que l’homme aime son métier, mais on ressent aussi les désillusions nombreuses. Il transpire perceptiblement des regrets dans l’enfilade des chapitres.

 

Que sait-on au juste du nucléaire. On connait bien entendu la puissance du lobby nucléaire, et ses méthodes, son goût de l’ombre et ses entrées multiples au gouvernement. On sait aussi les incidents à répétition dans les centrales françaises, ses problèmes de déchets, son coût exorbitant. Tout cela bien planqué derrière les caméras, les grilles et les barbelés, loin des regards indiscrets des médias, souvent complaisants d’ailleurs. Dans ce domaine, la fameuse transparence n’est souvent qu’un leurre favorisant le “tout va bien, circulez, rien à voir”. Et on se souvient du fameux nuage de Tchernobyl qui s’était arrêté aux frontières françaises…

 

Quant aux travailleurs du nucléaire, ce sont les grands absents. C’est donc le grand intérêt de ce livre autobiographique et de témoignage, que de jeter un rayon de lumière sur la vie de ceux qui permettent aux centrales de fonctionner : « les invisibles » comme il les appels.

 

Claude Dubout commence par nous donner quelques informations de base. D’où vient cette électricité qui nous permet de vivre quotidiennement. Qu’est-ce que l’uranium ? La première centrale nucléaire datant de 1951 aux USA… Quelques rappels utiles sur la bombe A et H. Puis il nous explique pourquoi il a voulut être décontamineur. Tout son livre balance ainsi entre explications techniques et considérations humaines, nous rappelant ainsi qu’il y a toujours des hommes, et ces hommes qui souvent  prennent des risques, derrière les hautes technologies, derrière le bisness. 

Pendant plusieurs années il fut un intérimaire du nucléaire. Puis il réalise sur le site de Marcoule dans le Gard ses premières décontaminations. Les fuites sont souvent nombreuses et il s’agit alors de rendre les endroits contaminés accessibles aux autres travailleurs.

Pas facile et dangereux.

Au fil de sa vie professionnelle, il intervient à Saint Laurent des eaux, à Bugey, à la Hague, à Cadarache, à Nogent, à Flamanville, avec parfois des interventions hors du commun, comme une décontamination de têtes de missiles “sol-air” dans un camp militaire, l’assainissement d’une école maternelle à Paris,  la réhabilitation d’un laboratoire de Marie Curie. Ou encore à Toulon, à l’arsenal pour décontaminer des matériels de chaufferie d’un sous-marin nucléaire d’attaque.

 

 

Avec précision il nous raconte comment il est passé à deux centimètres de la mort. Comment il a été irradié, comment il a bravé la radioactivité pour le bien des autres. 

 

Et aussi comment fonctionne une centrale ?

La sureté, qu’est-ce que c’est ?

Que se passe-t-il pendant l’arrêt d’une tranche ?

Et puis les matériels qui vieillissent, par restriction de maintenance et de renouvèlement, les rendant plus difficile à décontaminer.

Et le problème de la “dose” sur chaque intervenant :

 

“La dose est en moi, je l’ai prise au fond de la piscine, près de la pompe RRA, dans l’atelier…Elle est partout autour de moi, je ne la sens pas, je ne la vois pas. Pourtant, elle est là affichée sur l’écran de mon dosimètre opérationnel, elle est photographiée dans mon dosimètre passif.”

 

Et aussi “Three miles island” et Tchernobyl, et encore la libéralisation des marchés de l’énergie en Europe et sa conséquence, la privatisation.

Avec elle, le prix de vente dépend de la marge bénéficiaire des entreprises productrices définie par les actionnaires.

Se posent alors la santé et le bien-être au travail de ceux qui sont sur le terrain, ainsi que la sûreté des installations.

 

En fin de volume, le décontamineur nous parle de la sous-traitance du nucléaire. Ces travailleurs qu’il décrit à la plume de Zola, à qu’il accorde la distinction affective de « héros de notre électricité journalière ». Les nouveaux esclaves des temps modernes qui parfois entrent, eux aussi en lutte, qui parfois revendiquent leur dignité…  

 

Et ainsi de suite, a foison, encore et encore, l’auteur nous offre un récit précieux, un formidable témoignage,  un aveu presque chimérique sur des métiers peu connus, sur un univers équivoque où des hommes œuvrent chaque jour dans une  y compris la solitude, perpétuellement sur les routes.

Un livre utile, incontournable qui nous apprend, nous permet de savoir ce qu’il y a derrière ces grilles qui encagent le nucléaire, mais aussi ces les travailleurs du nucléaire.

 

 

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