Hommage…

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Je reviens de Feurs, une petite ville de 8000 habitants près de Saint Etienne, ou siège Feurs métal une industrie fabriquant des composants en acier.

 

Au début de l’été, un incident radiologique s’y est produit. Une source scellée de cobalt 60, est resté coincé dans la gaine du gammagraphe lors d’un tir radio. Lors de l’intervention de réparation, la capsule radioactive à été endommagée, libérant 1.25 TBq de contamination béta/gamma (d’énergie 1.77 MEV) dans les locaux de l’usine. Cette source radioactive est utilisée pour inspectée l’homogénéité des matériaux.

La faute à qui donc ? La faute à pas de chance, volontairement, je ne m’étendrais pas sur ce débat…

 

J’ai été à Feurs parcqu’une filiale de l’entreprise qui m’emploie, y effectue la radioprotection, et aussi parce qu’une voix m’y a appelée, parce que c’est mon job, et parce j’aime ça.

Ce que je voudrai  aujourd’hui, c’est rendre hommage aux gars qui sont sur le site et qui sont en charge de décontaminer les pièces, les locaux, l’environnement, afin que l’usine puisse continuer de fonctionner et que les 400 ouvriers qui y sont employés conservent leur emplois.

La tâche est immense, il s’agit tout d’abord d’étancher le bâtiment pollué, pour éviter une dispersion de cette contamination dans l’environnement, dans la ville attenante. Et ensuite il faut décontaminer les 7000 moules présents dans les rayonnages. Certes ils ne sont peut-être pas tous pollué, mais le doute n’est pas permis.

Ces moules sont composés de structures polyuréthane fixées sur des supports en bois. Leur formes et apparence varient en creux, en bosse, rond, carré, ovale…Ils servent à fabriquer des éléments pour l’industrie, essieux de TGV, volute de pompe, engrenage de moteur. Des objets que l’on côtoie dans notre vie de tous les jours.

Le bois est pourtant incontrôlable et par conséquent indécontaminable. Pourtant, armés de rabot, de ciseau, de ponceuse à bois, les décontamineurs des entreprises telles que Salvarem, STMI, Sogedec, Derichebourg… œuvrent inlassablement pour retirer la contamination. Plusieurs heures de plongée en masque respiratoire, suant dans leur tenue tyveck, sous un soleil de plomb, depuis quelques semaines et pour encore autant.

Après l’avoir raclé, poncé, limé, chaque pièce est transférée pour subir un contrôle radiologique. Les matrices doivent être exemptes de toute contamination pour retourner dans les ateliers de moulage, où elles vont servir à fabriquer des pièces de fonderie.

Et puis la sentence tombe,  la pièce n’est pas bonne, il faut recommencer. Encore une fois, puis deux et même des fois plus…L’usine les presse, les moules sont attendus, la production doit continuer sous peine de perte d’argent. Alors ils continuent, ils persistent, s’acharnent. Le travail est dure, les cadences folles, l’enjeu important, mais ils sont là. Ils s’évertuent avec minutie, rigueur, professionnalisme.  

 

Nomadisés le temps de la mission, ils ont quitté femmes et enfants, logeant au camping, dans des studios…

Ils ont répondu à l’appel du devoir. Je les ai rencontrés, des « bleus », des anciens, des gars que j’ai formé à l’atelier de décontamination, et aussi des dinosaures. Ils m’ont reconnu, salué et m’on demandé des conseils. Quelle famille !

Ils m’ont remercié lorsque je suis parti, c’était sympa. Mais c’est moi qui les remercie, pour ce qu’ils font là-bas, pour leur motivation, pour ce qu’ils sont et parce qu’ils existent.

Bravo messieurs et respect…

 

Bob le décontamineur.

 

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